Date de l’actualité · 20/11/2025
Publié par ReneWave le 11/09/2026
ReneWave · Actualités · Maroc
Noor Midelt : 387 M€ garantis pour le programme solaire
Retour sur novembre 2025 : l’État garantit 387 M€ de prêts pour Noor Midelt. À quoi ce soutien doit-il servir, quelle production était envisagée et qui devait en bénéficier ?
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Illustration de contexte générée ; elle ne représente pas le site ou le projet annoncé.
Ce que change la décision
Le Bulletin officiel du 20 novembre 2025 publie deux décrets approuvant des garanties de l’État sur des prêts de la Banque européenne d’investissement à MASEN pour Noor Midelt : 190 millions d’euros et 197 millions d’euros. Ensemble, ils représentent environ 4,15 milliards de dirhams au cours du 20 novembre.
Ces garanties sécurisent les engagements de remboursement envers le prêteur. Elles ne constituent pas une annonce de nouveaux fonds encaissés : la BEI date la signature des deux prêts du 21 décembre 2018. Pour la tranche A, les 190 M€ remplacent une garantie de 119 M€ approuvée en 2020 ; les deux montants ne s’additionnent pas.
Le point à comprendre
Qui garantit, qui prête, pour quel usage ?
Deux prêts signés en 2018, couverts par les garanties publiées en 2025. Les flèches ne représentent pas des versements constatés.
Destination documentée : construction et exploitation des centrales du programme Noor Midelt.
À quoi les prêts doivent-ils servir ?
La BEI rattache ses prêts à la construction et à l’exploitation de deux centrales hybrides près de Midelt, associant photovoltaïque, solaire thermique à concentration et stockage. Le projet concerne donc une production destinée au réseau électrique, au-delà du seul territoire de Midelt.
Le photovoltaïque transforme directement la lumière en électricité. Le volet thermique concentre le rayonnement pour produire de la chaleur, dont une partie peut être stockée puis utilisée pour produire de l’électricité après le coucher du soleil. C’est le principe historique illustré ici ; les garanties ne confirment pas une configuration finale.
Quelle quantité d’électricité, et pour qui ?
Dans son scénario approuvé en 2017, la Banque africaine de développement envisageait deux centrales totalisant 800 MW et produisant ensemble 1 886 GWh par an. Ce volume annuel est une prévision du projet historique, pas une production mesurée ni un supplément acheté par les prêts garantis en 2025.
Pour donner un ordre de grandeur, la BAD rapprochait cette production de la consommation électrique annuelle de plus de 2 millions de personnes, sur la base de 900 kWh par habitant en 2015. Ce repère est exprimé en personnes, pas en foyers raccordés : il ne constitue pas un engagement d’alimenter des ménages identifiés.
L’électricité devait rejoindre le réseau national, utilisé par les ménages et les activités productives, notamment l’industrie et l’agriculture. L’objectif était d’améliorer la disponibilité de l’électricité et de réduire le recours aux combustibles fossiles importés.
L’impact recherché : du solaire disponible plus tard
Pour les usagers, le stockage vise à rendre une partie de la production solaire disponible lorsque la demande continue en soirée. Il aide à comprendre l’intérêt du projet au-delà de sa puissance affichée : le moment de livraison compte aussi.
Les retombées locales demandent également une attention concrète. L’évaluation de la BEI relève les enjeux d’emploi, d’accès au foncier et d’utilisation de l’eau soulevés lors de la consultation locale. Une prévision énergétique ne démontre donc, à elle seule, ni des emplois effectivement créés ni une baisse des factures.
Le point à comprendre
Le solaire peut aussi servir après le coucher du soleil
Principe hybride décrit par la BEI en 2018–2022, illustré sans plan d’implantation. La configuration finale de Midelt n’est pas confirmée ici.
Pendant les heures de soleil
Deux voies complémentaires : produire directement avec le photovoltaïque et conserver de la chaleur dans le volet thermique.
Après le coucher du soleil
La chaleur conservée peut alimenter la production électrique lorsque le soleil n’est plus disponible.
Ce qui reste à concrétiser
Ces objectifs anciens doivent être lus avec les évolutions du projet. La Banque mondiale indique qu’à la clôture de son financement, en juin 2024, la construction des deux centrales n’avait pas commencé et que le volet thermique faisait encore l’objet de discussions.
Les décrets de novembre 2025 ne donnent ni nouveau calendrier de mise en service ni prévision actualisée de production. Ils soutiennent le financement ; la configuration finalement retenue et sa réalisation détermineront l’énergie effectivement livrée et les bénéfices obtenus.
